Huet d’Regierung wëlles Ressourcen ze mobiliséieren fir méi Aarbechtsdokteren anzestellen ?

Monsieur le Président,

 

Par la présente, j’ai l’honneur de vous informer que, conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je souhaiterais poser une question parlementaire à Monsieur le Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire ainsi qu’à Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et à Madame la Ministre de la santé au sujet des ressources humaines dans le secteur de la santé du travail.

 

Dans une note titrée « améliorer la santé au travail au Luxembourg » du 5 avril 2021, la Chambre des salariés (CSL) constate une pénurie de médecins du travail au Luxembourg. En effet, la CSL estime qu’actuellement le Luxembourg compte près de 7000 salariés pour un médecins de travail. Dans ce contexte, elle prône un recrutement urgent de médecins de travail afin d’obtenir un ratio d’un médecin pour 5000 salariés comme prévu par la législation luxembourgeoise.

 

Dans le même contexte et en relation avec les exigences du terrain, la CSL souline également dans sa note que le principe de pluridisciplinarité devrait être instauré afin d’assurer une véritable prévention primaire dans l’intérêt des salariés, en entourant le médecin du travail d’autres professionnels tels que des infirmières spécialisées en médecine du travail, des assistants en santé au travail et des spécialistes d’autres disciplines (ergonomes, toxicologues, psychologues etc.).

 

Dans le prétexte d’une pénurie de médecin du travail et d’une nécessité pluridisciplinarité potentielle, la CSL relève aussi la nécessité d’embaucher des infirmiers du travail pour leur confier la charge des examens standards.

 

Selon la CSL, une explication à cette situation de pénurie de médecins du travail est l’écart de rémunération qui s’est progressivement creusé entre médecins du travail et médecins généralistes, au détriment des médecins du travail. C’est pourquoi, la CSL recommande d’augmenter très sensiblement la rémunération du médecin du travail et d’alléger les conditions de travail, pour rendre la profession plus attirante.

De plus la CSL souligne que, jusqu’à présent, les médecins du travail travaillant au Luxembourg ont été formés à l’étranger. Comme d’autres pays européens rencontrent également une pénurie de médecins du travail, il est de plus en plus difficile d’attirer des candidats ayant fait leur formation à l’étranger, soit en raison de non-prolongation d’agréments autorisant historiquement les médecins du travail formés à l’étranger de venir exercer leur profession au Luxembourg, soit en raison d’affaiblissement de la motivation de venir travailler au Luxembourg. C’est dans ce contexte que la Chambre des salariés propose l’organisation d’un cycle d’études spécialisées en médecine du travail par l’Université du Luxembourg.

Il s’ajoute que les disponibilités de médecins à faire de la formation continue sont plutôt limitées vu leur charge de travail importante. C’est pour cette raison que la CSL souligne l’importance de la création d’une règlementation visant la mise en place d’un standard en matière de formation continue des médecins du travail.

 

C’est dans ce contexte que je souhaiterais poser les questions suivantes :

 

  • Le gouvernement prévoit-il de mettre en œuvre des réformes pour libérer les ressources nécessaires afin de recruter davantage de médecins du travail ? Dans l’affirmative, combien de ressources respectivement d’embauches sont prévues ?
  • Les ministres sont-ils d’accord avec la nécessité d’instaurer le principe de pluridisciplinarité, à savoir entourer le médecin du travail d’autres professionnels de santé afin d’assurer une véritable prévention primaire dans l’intérêt des salariés ?
  • Le gouvernement planifie-t-il d’embaucher des infirmiers du travail pour leur confier la charge des examens standards ?
  • Le gouvernement peut-il confirmer un écart de rémunération entre médecins du travail et médecins généralistes, au détriment des médecins du travail ? Dans l’affirmative, le gouvernement pense-t-il que cet écart est une raison de la pénurie de médecin du travail au Luxembourg ? Si tel est le cas, le gouvernement prévoit-il d’augmenter la rémunération et d’alléger les conditions de travail, afin de rendre la profession plus attirante et de pallier ainsi la pénurie ?
  • Le gouvernement considère-t-il l’organisation d’un cycle d’études spécialisées en médecine du travail par l’Université du Luxembourg ainsi que la création d’une règlementation visant la mise en place d’un standard en matière de formation continue des médecins du travail ? Dans la négative, quelles en sont les raisons ?

 

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

 

Marc Spautz

Député

 

 

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