Ce texte est une traduction de l’original, générée à l’aide de l’intelligence artificielle.
Le paysage des partis allemands est en pleine mutation. L’AfD gagne toujours plus en puissance, les partis populaires traditionnels sont sous pression. Dans un entretien avec le président du groupe parlementaire du CSV, Laurent Zeimet, le journaliste et chroniqueur Harald Martenstein parle de l’AfD, du « pare-feu » de la CDU, de Die Linke à Berlin et de l’avenir du centre politique.
Harald Martenstein compte depuis des décennies parmi les voix reconnues du journalisme allemand. Pendant longtemps, il a écrit pour Die Zeit ; aujourd’hui, il publie notamment pour Bild. Dans l’entretien avec Laurent Zeimet, il a analysé la situation politique actuelle en Allemagne.
« En Allemagne, le système de partis établi est en train de s’effriter », déclare Harald Martenstein.
Pour lui, ce n’est toutefois pas un phénomène purement allemand. Dans de nombreux
pays européens, les partis traditionnels perdraient du terrain, tandis que de nouveaux partis, et surtout des partis de droite populiste, gagneraient en force.
Le « pare-feu » pose un problème à la CDU
La CDU et la CSU, en particulier, se trouvent, selon Harald Martenstein, face à un dilemme. D’un côté, l’Union ne veut pas coopérer avec l’AfD. De l’autre, la montée en puissance de l’AfD rend de plus en plus difficile la formation de majorités parlementaires.
Pour Harald Martenstein, avec son « pare-feu » contre l’AfD, l’Union s’est fortement limitée elle-même.
« Wer heute in Deutschland bei Bundestagswahlen CDU wählt, kann sich nureiner einzigen Sache wirklich sicher sein: CDU-Politik wird dabei nicht herauskommen. »
Il ne réclame pas pour autant une coalition entre la CDU et l’AfD. Sur la politique étrangère notamment, Harald Martenstein voit des différences nettes. Il estime toutefois erroné d’exclure par principe toute coopération d’emblée.
Lorsque des partis partagent la même position sur une question concrète, il devrait aussi être possible de voter de la même façon, selon son argumentation. Un vote commun est encore loin d’être un gouvernement commun.
Pourquoi des gens votent AfD
Que l’ascension de l’AfD soit observée avec inquiétude, surtout à l’étranger, Harald Martenstein peut le comprendre. En revanche, il juge erronée une comparaison avec le NSDAP de 1933. Le NSDAP se serait ouvertement opposé à la démocratie et aurait visé une dictature. Il ne voit pas une telle exigence explicite dans le programme de l’AfD. Cela ne signifie toutefois pas, pour lui, que toutes les positions de l’AfD soient sans problème.
Parallèlement, Martenstein met en garde contre le fait de mettre tous les électeurs de l’AfD dans le même sac. Beaucoup d’entre eux auraient autrefois voté CDU ou SPD et ne se sentiraient plus représentés par leurs partis. Il entendrait d’ailleurs sans cesse une phrase :
« Ich habe die CDU nicht verlassen, die CDU hat mich verlassen. »
Pour les partis établis, il serait donc important de se penchersur les raisons de cette insatisfaction.
Une nouvelle gauche à Berlin ?
À l’autre extrémité du spectre politique aussi, Harald Martenstein voit de grands changements. Il cite à ce sujet le succès de Die Linke à Berlin, qu’il qualifie d’« islamo-gauche ». Sa thèse : des segments de la gauche allemande se seraient éloignés de leurs racines socialistes classiques et chercheraient aujourd’hui de nouveaux électorats dans des milieux musulmans.
Pour Harald Martenstein, il s’agit à la fois d’une évolution idéologique et d’une évolution de tactique électorale. La classe ouvrière classique, en tant que base électorale fiable des partis de gauche, s’affaiblit de plus en plus. D’autres groupes sociaux, notamment issus de la communauté musulmane, prennent progressivement la relève.
Inquiétude face à l’antisémitisme
Harald Martenstein se montre particulièrement catégorique à propos de l’antisémitisme. Il renvoie à des témoignages de Juifs à Berlin qui ne se sentiraient plus en sécurité dans certains quartiers, ou qui ne voudraient plus et ne pourraient plus afficher ouvertement leur identité juive.
Il critique surtout ce qu’il considère comme un deux poids deux mesures dans le débat de société.
« Das macht mich fuchsteufelswild, wenn es nicht mehr darauf ankommt, ob etwas richtig oder falsch oder skandalös ist, sondern hauptsächlich darauf, wer es macht. »
Selon lui, l’antisémitisme devrait toujours être condamné avec la même fermeté, qu’il vienne de la droite, de la gauche ou de milieux islamistes.
Concernant la relation de l’Allemagne à Israël, Harald Martenstein constate également un changement. La solidarité avec Israël ferait officiellement toujours partie de la raison d’État allemande, mais le consensus social deviendrait plus fragile.
« Un peu plus de courage »
À la fin de l’entretien, la question était de savoir si, dans un environnement politique de plus en plus polarisé, il y a encore besoin d’un grand parti populaire conservateur et d’un centre politique.
Pour Harald Martenstein, la réponse est clairement oui. Mais un centre fort doit avant tout savoir ce qu’il défend et assumer ces positions.
« Diesen Mut sollte die Mitte haben. Etwas mehr Courage. »
Son message aux partis populaires traditionnels était clair : le centre ne doit pas se laisser entraîner, par peur des extrêmes politiques de droite et de gauche. Il doit définir ses propres positions et avoir le courage de les défendre.