Jeff Boonen « invité de la rédaction » : notre agriculture doit devenir plus résiliente

L’agriculture doit s’adapter au changement climatique

Jeff Boonen était mercredi matin l’« Invité de la rédaction » sur RTL. Au centre de l’entretien figurait la question de savoir comment l’agriculture luxembourgeoise peut faire face à l’évolution des conditions climatiques et quels cadres politiques sont nécessaires pour soutenir les exploitations dans cette démarche.

La sécheresse actuelle place de nombreuses exploitations agricoles face à de grands défis. Aux prix élevés de l’énergie et des engrais, ainsi qu’aux prix parfois bas des produits agricoles, s’ajoute cette année la pénurie de fourrage. Un certain nombre d’exploitations doivent donc déjà puiser dans leurs réserves. Parallèlement, la situation financière de beaucoup d’exploitations devient de plus en plus tendue. La liquidité, souligne Jeff Boonen, demeure l’un des grands défis.

Dans ce contexte, les réserves et la prévention des risques gagneraient également en importance. Les exploitations qui ont pu constituer des réserves de fourrage ces dernières années seraient mieux préparées à la situation actuelle. L’assurance contre les pertes de récolte serait aussi un instrument important pour couvrir de manière ciblée les exploitations en cas de dommages concrets. Elle ne saurait toutefois être la seule réponse aux conséquences du changement climatique. Si les phénomènes météorologiques extrêmes devaient devenir plus fréquents à l’avenir, l’agriculture devrait aussi se renforcer structurellement pour gagner en résilience.

Pour Jeff Boonen, il est donc clair que l’agriculture doit s’adapter au changement climatique. Parallèlement, il revient à la politique de créer les conditions-cadres nécessaires.

La protection du climat et la production agricole devraient aussi être pensées ensemble. Il ne serait pas pertinent de réduire la production au Luxembourg pour des raisons de protection du climat si les mêmes produits sont ensuite importés de l’étranger. Dans ce cas, les impacts environnementaux ne disparaîtraient pas, mais seraient simplement déplacés vers d’autres pays.

Dans l’élevage aussi, il faudrait tenir compte de l’évolution à long terme. Si, à cause d’années plus sèches, il faut acheter toujours plus de fourrage à l’étranger, ce ne serait ni une perspective durable sur le plan économique ni sur le plan écologique. Le cheptel devrait donc, à terme, s’aligner sur les surfaces et les ressources disponibles au Luxembourg.

Davantage de maraîchage nécessite aussi l’irrigation

Un autre thème de l’entretien portait sur l’arboriculture fruitière et le maraîchage. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de développer la production régionale dans ces domaines. Pour Jeff Boonen, il est toutefois clair qu’un maraîchage professionnel est difficilement possible sans des possibilités d’irrigation fiables.

Si la politique veut davantage de production régionale de fruits et de légumes, il faudrait donc aussi créer les infrastructures nécessaires. Cela inclut notamment des moyens de capter et de stocker l’eau afin de pouvoir l’utiliser pour l’irrigation lors de longues périodes de sécheresse.

Dans ce contexte, Jeff Boonen a renvoyé à une série de projets pilotes en cours. Les études nécessaires et l’analyse des impacts environnementaux seraient importantes, mais après des années de planification, il faudrait désormais parvenir à des résultats concrets.

De manière générale, souligne Jeff Boonen, la protection de l’environnement ne devrait pas conduire à un blocage durable des projets. Les exigences environnementales et les études sont nécessaires, mais au final la politique doit aussi prendre des décisions et permettre la mise en œuvre de projets pertinents.

Critique de la gestion du projet Onperfekt

L’avenir de l’initiative Onperfekt a également été abordé dans l’interview. Le projet achète notamment des fruits et des légumes qui, en raison de leur forme ou de leur taille, ne correspondent pas aux critères de vente habituels, et mène en parallèle un travail de sensibilisation dans les écoles contre le gaspillage alimentaire.

Jeff Boonen a critiqué la résiliation à court terme de la convention avec le projet, estimant que l’initiative est, selon lui, en accord avec les objectifs politiques déclarés en faveur d’une alimentation plus durable.

Les ministères concernés devraient donc chercher ensemble une solution afin d’offrir au projet une perspective durable.

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Source - https:// www.rtl.lu/news/national/jeff-boonen-president-vun-der-landwirtschaftsk…

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Bloc FAQ

1. Quels sont, en 2026, les plus grands défis pour les exploitations agricoles luxembourgeoises ?

Selon les propos du député CSV Jeff Boonen, trois charges se cumulent en 2026 : les prix élevés de l’énergie et des engrais, des prix parfois bas pour les produits agricoles et le manque de fourrage dû à la sécheresse. Un certain nombre d’exploitations doivent déjà puiser dans leurs réserves ; en particulier, la liquidité reste, d’après Boonen, l’un des grands défis.

2. Que signifie « agriculture résiliente» pour le CSV ?

Pour le CSV, la résilience signifie que les exploitations n’attendent pas seulement des aides, mais sont structurellement préparées aux conditions météorologiques extrêmes : constituer des réserves de fourrage, prévention des risques, assurance contre les pertes de récolte et une production orientée sur les surfaces et les ressources disponibles au Luxembourg.

3. Une assurance contre les pertes de récolte suffit-elle comme réponse au changement climatique ?

Non. Jeff Boonen a déclaré le 2 septembre 2026 sur RTL que l’assurance contre les pertes de récolte est un instrument important pour couvrir de manière ciblée les exploitations en cas de dommages concrets, mais qu’elle ne peut pas être la seule réponse aux conséquences du changement climatique. Si les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents, l’agriculture devra aussi être structurée de manière plus résiliente.

4. Pourquoi le CSV est-il contre une réduction de la production pour des raisons de protection du climat ?

Parce que les impacts environnementaux ne disparaissent pas, ils sont seulement déplacés. Si l’on produit moins au Luxembourg et que l’on importe ensuite les mêmes produits de l’étranger, il n’y a, selon Jeff Boonen, aucun gain pour le climat. La protection du climat et la production agricole doivent donc être pensées ensemble.

5. De quoi l’arboriculture et le maraîchage luxembourgeois ont-ils besoin pour se développer ?

Le gouvernement veut développer la production régionale de fruits et légumes — mais, selon Jeff Boonen, un maraîchage professionnel est difficilement possible sans des possibilités d’irrigation fiables. Il faut donc des infrastructures pour capter et stocker l’eau et l’utiliser durant des périodes de sécheresse prolongées.

6. Qu’est-ce que le CSV critique dans la gestion du projet « Onperfekt » ?

Jeff Boonen a critiqué la résiliation à court terme de la convention avec le projet Onperfekt. L’initiative achète des fruits et légumes qui, en raison de leur forme ou de leur taille, ne correspondent pas aux critères de vente habituels, et sensibilise dans les écoles au gaspillage alimentaire — donc en accord avec les objectifs politiques déclarés en faveur d’une alimentation plus durable. Les ministères concernés devraient rechercher une solution commune.

7. Quelle est la position du CSV sur les contraintes environnementales dans les projets d’irrigation ?

Selon le CSV, les contraintes environnementales et les études sont nécessaires, mais ne doivent pas conduire à un blocage durable des projets. Après des années de planification, la politique devrait désormais, selon Jeff Boonen, prendre des décisions et permettre la mise en œuvre de projets pertinents.