Question parlementaire au sujet des risques de propagation d’incendie dans les galeries souterraines sur le site d’enfouissement de Bure à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne.

Monsieur le Président,

Par la présente, j’ai l’honneur de vous informer que conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, je souhaiterais poser une question parlementaire à Madame la Ministre de l’Environnement au sujet des risques de propagation d’incendie dans les galeries souterraines sur le site d’enfouissement de Bure à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne.

Selon les informations parues dans l’édition du Figaro du mercredi 12 juillet 2017, les experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nationale (IRSN) de France ont relevé quatre points techniques qui sont susceptibles de pousser l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à modifier le projet de stockage qu’elle a soumis à l’Autorité de sûreté nucléaire.

Il faut rappeler que le projet Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) vise à trouver une solution à la fois sûre et finale, avec un enfouissement définitif à 500 m de profondeur dans des couches argileuses très imperméables, pour les déchets les plus radioactifs et les plus dangereux. Ces déchets proviennent des centrales nucléaires.

Le point technique, le plus important concerne un risque de propagation d’incendie dans les alvéoles de stockage de colis d’enrobés bitumineux et où les fûts métalliques seront stockés. Entretemps la technique d’enrobage a été abandonnée suite au fait que l’enrobage de bitume ne soit pas un milieu chimiquement inerte.

Les colis une fois chauffés lors de l’entreposage, la chaleur pourrait activer des réactions chimiques et pourrait se propager à tous les autres fûts de déchets interposés. Rappelons encore dans ce contexte l’incendie en 2014 qui contamina l’ensemble du site de stockage militaire souterrain Wipp au Nouveau-Mexique (Etats-Unis d’Amérique).

C’est dans ce contexte que j’aimerais poser les questions suivantes à Madame la Ministre de Environnement:

–  Madame la Ministre est-elle au courant des critiques de la part de l’IRSN?

–  Ne devrait-on pas demander aux responsables de l’IRSN de communiquer toutes les actions en vue de revoir la conception de l’enfouissement des déchets les plus radioactifs les plus dangereux?

– Ne serait-il pas plus sûr de stocker les déchets les plus radioactifs et donc les plus dangereux dans des formations rocheuses e.a. le Massif Central à l’instar de la Finlande et de la Suisse ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Marcel Oberweis

Député